Samedi 24 novembre 2007
Pas complètement satisfait de mon précédant état d'âme, j'ai pris hier, dans la foulée, une nouvelle feuille et du bout du stylo en est sorti le soixante-quatrième. Qui rend vraiment mieux en vrai.


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Vendredi 23 novembre 2007


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"Le vrai visage d'Armendo Lip" (détail)
Sérigraphie à la gouache (noir, rouge, blanc) et au pochoir.
Octobre 2007 - format 21 x 29,7 cm - exemplaire un sur six.


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Vendredi 23 novembre 2007
Il pleut et je ne travaille pas quelques jours. J'emploie simplement ces journées paresseuses à lire, écrire, dessiner...
Je saisis donc l'occasion d'ouvrir une nouvelle rubrique, étant donné que l'atelier est la bibliothèque. Voici le soixante troisième état d'âme, en partie composé dans la frénésie jubilatoire du Book M des Secret Chiefs III.



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Nota du 24 : ci-après un des si nombreux aspects de la frénésie des chefs secrets, just clic.


 

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Jeudi 22 novembre 2007
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Une nouvelle pile d'acquisitions, frénétiquement et avec gourmandise :
  • Moyens sans fins - Notes sur la politique de Giorgio Agamben. Courts articles des années 90 sur des questions précises ouvrant à des notions plus larges. Vraiment intéressant.
  • Cours familier de philosophie politique de Pierre Manent. Que j'évoquais brièvement ici.
  • Changement de propriétaire de Eric Hazan. C'est par .
  • Le complot de l'art de Jean Baudrillard. Avalé hier et ce matin, je ne sais pas ce qui en sortira, mais j'ai en tête quelque chose en germe.
  • Fresh théorie III. Par curiosité, et parce qu'il y a un article fort intéressant de Pacôme Thiellement qui nous invite à penser la notion d'évènement bien particulier qui correspond à l'apparition de l'Homme-Phalène de Point Pleasant en 1967...
  • Le dénouement de Lionel Ruffel. Pour poursuivre rétroactivement Volodine Post-exotique.
  • L'homme qui apprenait lentement de Thomas Pynchon.
  • Nouvelle histoire des idées politiques, coll. Pluriel chez Hachette.
  • Lieutenant Sturm de Ernst Jünger chez Viviane Hamy.
  • La lettre volée de Poe dans la belle collection La Bibliothèque de Babel préfacée par Borges, rééditée chez Panama. première édition Retz - Franco Maria Ricci.
  • Eden, Eden, Eden et Tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat. Je ne sais pas encore quand, mais ils seront au moins pas loin le jour où.
  • Kafka - Pour une littérature mineure et Mille Plateaux de Deleuze et Guattari. Intérêt plus que réveillé à la lecture de la biographie croisée, par François Dosse.
La tendance est encore largement à l'essai...
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Mardi 20 novembre 2007
Je disais :

"Changement de propriétaire d'Eric Hazan (Ed. Seuil), journal critique et engagé sur les cent premiers jours de l'investiture de Nicolas Sarkozy à la présidence. On y trouvera en particulier trois entretiens de Jacques Rancière, Daniel Bensaïd et Alain Badiou (qu'on retrouve dans le livre de Dosse, qui nous le rend par ailleurs réellement antipathique alors qu'il est présent en toute amitié chez Hazan). Ce journal est vif et (trop ?) impulsif. Intéressant en tout cas, cette somme de faits, et évidemment totalement effrayant."

Eric Hazan a les crocs, il a la rage. On le comprend. Impulsif donc, je me répète. Mais vif, observateur, partial. L'accumulation de faits - décisions ou actions gouvernementales, journalisme à deux balles, intellectuels de pacotille, résistance constamment tue par le bruit de la consommation et de l'hypocrisie, hystérie généralisée - remplit un dossier à charge si lourd qu'il est difficile de ne pas virer cioraniste (si l'on était pas déjà convaincu, tiens !). Et tout cela en trois mois ! Sans doute courrons-nous effectivement à la catastrophe.

Eric Hazan, c'est une vigie. Une sacrée vigie. Pour s'en convaincre si cela ne suffit pas, cela peut ne pas suffire, il faudra lire, je vous le dis, LQR - La propagande au quotidien. La LQR est la langue technico-médiatique de la Vème République. Un petit livre de 122 pages, aussi rageur, mais bien plus fin, paru l'année dernière chez Raison d'agir. Dont on aura du mal à lui soumettre une quelconque critique négative. "Désormais, il n'y a plus de pauvres mais des gens de condition modeste, plus d'exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales. C'est ainsi que la LQR substitue aux mots de l'émancipation et de la subversion ceux de la conformité et de la soumission."

Eric Hazan, c'est Les Editions de La Fabrique, où j'ai pu lire deux livres impressionnants et prophétiques d'André Schiffrin sur les lois du capitalisme appliquées à l'édition française (livre + presse), et un opuscule en barre de fer claquant dans la paume de la main, L'insurrection qui vient, par Le Comité Invisible. C'est un catalogue qui ne se laisse pas faire, point.

Dans Changement de propriétaire, il y a un épilogue délicieux. Ce quatrième entretien se déroule en 2017. Hazan discute avec un professeur américain d'histoire française contemporaine. La question centrale est la suivante : comment se sont produits les évènements de 2011 (l'effondrement du système capitaliste français conjugué à des évènements importants dans d'autres pays (révoltes paysannes en Chine, chaos italien après une répression sanglante à Naples, Etats-Unis déchirés après l'intervention militaire au Venezuela...) ont conduit à une révolution sociale et une mise à terre du gouvernement en France).
Pour Eric Hazan, nous ne pourrons échapper à l'effondrement d'un système qui ne peut plus se maîtriser, ça part en roues libres et pas de soupape de sécurité qui ne tienne : il faut sérieusement préparer l'atterissage car il risque d'être sacrément difficile.

On y apprend aussi que la meilleure librairie de Marseille, c'est L'Odeur du Temps. Je ne manquerai pas d'y mettre les pieds, un jour prochain que je traîne mes guenilles dans le sud.

Changement de propriétaire - Eric HazanLQR - La Propagande au quotidien - Eric Hazan


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Vendredi 16 novembre 2007
Je disais :

"Gilles Deuleuze et Felix Guattari - biographie croisée par François Dosse (Ed. La Découverte). Très belle biographie intellectuelle des deux hommes, qui instruit réellement sur leurs parcours, leurs formations intellectuelles et introduit efficacement à leurs pensées (séparément et commune)."

On écoutera (pendant un mois), si l'on n'a pas envie de lire les 644 pages du livre mais qu'on veut en savoir un peu plus, l'émission du vendredi 16 novembre 2007 sur france culture, les vendredis de la philosophie autour du livre avec l'auteur et Stéphane Nadaud.

Deleuze Guattari - François Dosse
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Mardi 13 novembre 2007
Trajet en train. J'ai mis dans ma besace, mardi dernier, L'homme qui apprenait lentement de Thomas Pynchon, recueil de nouvelles publié en Points Seuil et Le Jardin de la dame Murakami, court roman de Mario Bellatin, au Passage du Nord-Ouest.

A l'aller, j'ai lu l'introduction du livre de Pynchon, où celui-ci revient, vingt ans après, sur ces nouvelles "de jeunesse". Il en dit tellement de mal que je n'ai pas osé poursuivre. Je le reprendrai plus tard. Une chose anecdotique, il y cite Zappa...

Le retour, ce fut pour Bellatin, que je n'ai pas achevé sur le trajet mais le soir a casa. Il s'ouvre sur la proposition suivante : "Le jardin de Mme Murakami Izu allait être démentelé dans les jours à venir". Ouvrir est le bon mot puisqu'il y a comme une faille, déjà, dans le récit. On ne saura qu'à la toute fin du livre ce qui se déroulera "dans les jours à venir", mais peut-être cela n'est pas le plus important. En effet, le récit prend la tournure suivante : c'est la mémoire qui se déroule, la mémoire du narrateur-conteur, qui expose l'histoire d'Izu en liant, dans un labyrinthe de faits et de souvenirs qui se construit sous nos yeux, les évènements importants de la vie du personnage, partagée avec son mari mystérieux, un collectionneur amateur d'oeuvres d'art, qu'on apprend décédé au début du livre.
Très bon texte qui interroge directement la place et le rôle du lecteur. Le roman s'achève dans une boucle, mais ouverte qui laisse la possibilité de nombreuses interprétations.
Le Jardin de la dame Murakami est un roman japonais élaboré comme un jardin anglais écrit par un auteur mexicain. Surprenant et raffiné.

Emballé, j'ai lu du même auteur, dans la foulée, Jacob le mutant (chez le même éditeur), un texte hybride, entre exégèse et mystification. Bellatin nous invite à découvrir un texte rare de Joseph Roth, La Frontière, la pièce la plus mystérieuse de son oeuvre, publiée en fragments, non-traduite, incomplète, inachevée.

Avec ces deux textes courts, Mario Bellatin se présente comme un auteur subtil maîtrisant parfaitement le jeu entre mensonge et vérité, avec une rigueur et un style impeccable.

Le Jardin de la dame Murakami - Mario BellatinJacob le Mutant - Mario Bellatin

Et puis, ces lectures des derniers jours :

Gilles Deuleuze et Felix Guattari - biographie croisée par François Dosse (Ed. La Découverte). Très belle biographie intellectuelle des deux hommes, qui instruit réellement sur leurs parcours, leurs formations intellectuelles et introduit efficacement à leurs pensées (séparément et commune).

Changement de propriétaire de Eric Hazan (Ed. Seuil), journal critique et engagé sur les cent premiers jours de l'investiture de Nicolas Sarkozy à la présidence. On y trouvera en particulier trois entretiens de Jacques Rancière, Daniel Bensaïd et Alain Badiou (qu'on retrouve dans le livre de Dosse, qui nous le rend par ailleurs réellement antipathique alors qu'il est présent en toute amitié chez Hazan). Ce journal est vif et (trop ?) impulsif. Intéressant en tout cas, cette somme de faits, et évidement totalement effrayant.

Et puis, Cours familier de philosophie politique de Pierre Manent. Une suite de séminaires, très agréable à lire et vraiment pertinent. Le livre est néanmoins publié en 2001 et sonne étrangement lorsqu'il essaie d'anticiper un peu. Il y a des déraillements auxquels il était difficile de penser il y a même cinq ans.

Si j'écris peu de notes ces derniers temps, c'est que je lis un peu moins de littérature... Qu'on ne m'en tienne pas rigueur. J'y reviendrai, dans les jours à venir...

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Dimanche 4 novembre 2007

 




Les paupières closes mais le regard mental grand ouvert, rivé sur un horizon sonore jubilatoire, cosmique. J'achève mon dimanche.

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Samedi 3 novembre 2007
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Voilà, ça fait un sacré paquet. C'est la récolte du salon de la revue à Paris il y a quasi quinze jours et de promenades en librairie là-bas, plus deux livres que j'ai oublié de mettre sur un cliché précédant.
  • De quoi Sarkozy est-il le nom ? d'Alain Badiou. Dont j'ai déjà écrit un compte-rendu.
  • Agonie d'agapè de William Gaddis, survolé dans le métro, juste le temps d'imaginer quel vertige on peut ressentir en lisant ce livre.
  • Les Venues de Jérôme Lafargue, par curiosité, suite à la lecture de L'Ami Butler. (Merci encore à M.D. pour le message.) 4 euros, 32 pages, un format miniature qui n'est pas pour me déplaire...
  • Le canard en plastique, n°3, dirigée par Yves Leclere et présentée par G. au Comptoir des mots à Paris. A l'intérieur : un texte de Pierre Cendors dont un livre a paru aux éd. Finitudes qui avait attiré mon regard, mais que je n'avais pas lu, de se rappeler à ma mémoire m'encourage à retrouver ce texte ; un texte de Gemme Terroni, qui rappelle assez une biographie imaginaire qui pourrait sortir du roman de Lafargue... ; un carnet d'illustration de Grégoire Dalle qui me plaisent assez ; d'autres choses que je n'ai pas encore explorées. Une petite revue de création fort sympathique.
  • inculte, n°14. On ne les présente plus, le sommaire de ce numéro est énorme, il suffit d'aller ou pour le constater. Franchement, énorme.
  • Quelques numéros de Le Corps de texte, une inventive et surprenante revue-affiche dirigée par Xavier Gélard.
  • Des numéros de la Femelle du Requin, dont le n°19 contenant un très bon entretien avec  Antoine Volodine. A suivre, les auteurs étudiés par numéro ne sont pas choisis à moitié.
  • Vert Pastiche n°3, aussi dirigée par Xavier Gélard, la revue des pastiches littéraires qui m'a fait mourir de rire avec son avant-propos à la Safran Foer et qui contient un pastiche désopilant et magnifique d'Alfred Jarry par L'Ombre : Phylogénie des parasites auriculaires. Et plein d'autrres choses...
  • Quelques numéros du Nouvel Attila, qui fait un travail vraiment indispensable. Si vous ne connaissez pas, il faut se procurer cette revue, s'offrir un abonnement. Une revue qui fait mal au cochon tirelire (comme dirait g@rp), pas que ce soit cher, pas du tout, (5 euros le numéro, rien en somme pour ce qu'on y trouve) mais parce que vous regardez ensuite votre bibliothèque et que vous vous demandez comment il est possible qu'il y ait autant de trous dont vous ne soupçonniez même pas l'existence auparavant ! Du coup, vous savez qu'il va être nécessaire d'investir (dans une nouvelle étagère, comprenez bien). Le Nouvel Attila a publié aussi Gog de Giovanni Papini, et prépare une édition d'Ascension de Ludwig Hohl disponible à partir du quinze novembre.
Voilà, et demain je vais faire un tour chez Emmaüs. Risque d'être encore une journée à livres..


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Vendredi 2 novembre 2007
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En passant à Belfort lundi, je découvre la 34ème foire aux livres de la ville. J'y suis retourné donc hier, profitant du jour férié, faire quelques affaires, et prendre la température. Plus de 200 000 livres sont mis en vente sur trois semaines. J'y retrournerai l'an prochain, à l'évidence. Pas mal de romans avec lesquels on peut se faire plaisir, c'est moins impressionnant pour les essais (mais peut-être fallait-il s'y trouver à l'ouverture de la foire), beaucoup de BD (domaine trop spéculatif pour que ça intéresse ma bourse aujourd'hui) et de livres pour la jeunesse.
Voilà le panier, pour 36.50 euros, 12 livres :
  • Rabindranath Tagore, L'offrande lyrique chez Gallimard
  • Juan Benet, Dans la pénombre chez Minuit
  • Alain Robbe-Grillet, Les gommes chez Minuit
  • Raymond Roussel, la Poussière de Soleils chez Pauvert
  • Le Cahier de L'Herne Borges au Livre de Poche
  • Vitaliano Trevisan, Les quinze mille pas chez Verdier
  • Clément Rosset, La Force Majeure chez Minuit
  • Juan Goytisolo, Juan sans terre au Seuil
  • Fernando Pessoa, Erostratus à La Différence
  • Philippe Muray, Exorcismes Sprituels I aux Belles Lettres
  • Un numéro de la NRF de 1953 avec Michaux, Borges, Eliade, Blanchot, et d'autres...
  • Mark Z. Danielewski, La Maison des Feuilles chez Denoël. J'ai craqué, c'est la première édition au "3 en 308". Elle est pas dans un étant mirobolant, mais c'était un relativement petit prix.
Demain, des revues ramenées de Paris il y a dix jours, et quelques bricoles acquises depuis

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