Trajet en train. J'ai mis dans ma besace, mardi dernier,
L'homme qui apprenait lentement de
Thomas Pynchon, recueil de nouvelles publié en Points Seuil et
Le Jardin de
la dame Murakami, court roman de
Mario Bellatin, au Passage du Nord-Ouest.
A l'aller, j'ai lu l'introduction du livre de
Pynchon, où celui-ci revient, vingt ans après, sur ces nouvelles "de jeunesse". Il en dit tellement de mal que je n'ai pas osé
poursuivre. Je le reprendrai plus tard. Une chose anecdotique, il y cite Zappa...
Le retour, ce fut pour
Bellatin, que je n'ai pas achevé sur le trajet mais le soir
a casa. Il s'ouvre sur la proposition suivante : "Le jardin de Mme Murakami Izu allait
être démentelé dans les jours à venir". Ouvrir est le bon mot puisqu'il y a comme une faille, déjà, dans le récit. On ne saura qu'à la toute fin du livre ce qui se déroulera "dans les jours à
venir", mais peut-être cela n'est pas le plus important. En effet, le récit prend la tournure suivante : c'est la mémoire qui se déroule, la mémoire du narrateur-conteur, qui expose l'histoire
d'Izu en liant, dans un labyrinthe de faits et de souvenirs qui se construit sous nos yeux, les évènements importants de la vie du personnage, partagée avec son mari mystérieux, un collectionneur
amateur d'oeuvres d'art, qu'on apprend décédé au début du livre.
Très bon texte qui interroge directement la place et le rôle du lecteur. Le roman s'achève dans une boucle, mais ouverte qui laisse la possibilité de nombreuses interprétations.
Le Jardin de la dame Murakami est un roman
japonais élaboré comme un jardin anglais écrit par un auteur mexicain. Surprenant et raffiné.
Emballé, j'ai lu du même auteur, dans la foulée,
Jacob le mutant (chez le même éditeur), un texte hybride, entre exégèse et mystification.
Bellatin nous invite à découvrir
un texte rare de
Joseph Roth,
La Frontière, la pièce la plus mystérieuse de son oeuvre, publiée en fragments, non-traduite, incomplète, inachevée.
Avec ces deux textes courts,
Mario Bellatin se présente comme un auteur subtil maîtrisant parfaitement le jeu entre mensonge et vérité, avec une rigueur et un style impeccable.
Et puis, ces lectures des derniers jours :
Gilles Deuleuze et Felix Guattari - biographie croisée par
François Dosse (Ed. La Découverte). Très belle biographie intellectuelle des deux hommes, qui instruit
réellement sur leurs parcours, leurs formations intellectuelles et introduit efficacement à leurs pensées (séparément et commune).
Changement de propriétaire de
Eric Hazan (Ed. Seuil), journal critique et engagé sur les cent premiers jours de l'investiture de Nicolas Sarkozy à la présidence. On y
trouvera en particulier trois entretiens de
Jacques Rancière,
Daniel Bensaïd et
Alain Badiou (qu'on retrouve dans le livre de
Dosse, qui nous le rend par ailleurs réellement antipathique alors qu'il est présent en toute amitié chez
Hazan). Ce journal est vif et (trop ?) impulsif.
Intéressant en tout cas, cette somme de faits, et évidement totalement effrayant.
Et puis,
Cours familier de philosophie politique de
Pierre Manent. Une suite de séminaires, très agréable à lire et vraiment pertinent. Le livre est néanmoins publié en
2001 et sonne étrangement lorsqu'il essaie d'anticiper un peu. Il y a des déraillements auxquels il était difficile de penser il y a même cinq ans.
Si j'écris peu de notes ces derniers temps, c'est que je lis un peu moins de littérature... Qu'on ne m'en tienne pas rigueur. J'y reviendrai, dans les jours à venir...
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