Mardi 18 septembre 2007
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Après avoir mis à jour le site de l'association minuscule et annoncé la parution des deux prochaines
miniatures (Vers la grâce
de Claro et Mort et vie d'Armendo Lip
de ma main), je vous propose un court extrait de mon texte à paraître dans cette collection le
quinze octobre. Toutes les informations pratiques concernant ces miniatures se trouvent sur le site de l'association minuscule, mais je reste bien sûr à disposition pour tout
renseignement...
En espérant que cet extrait ne paraîtra pas manquer de trop de son contexte, en espérant qu'il permette d'en approcher, en quelque sorte, le ton.
Quand le poing s'écrase au creux de l'arcade, sous l'arcade, dans le creux en fait, sur l'oeil ramassé au fond de sa caverne humide, les os vibrent, ceux du poing, ceux du crâne, et le globule
sophistiqué et élastique, à l'extrémité de la moelle des sens et de la conscience, s'agite en tiraillements microscopiques que les nerfs transmettent au cerveau en une fraction de temps, convertis
dans une image noire qui s'effondre sur elle-même, une image qui n'est pas une image mais une douleur, qui interroge immédiatement et avec une proximité redoutable l'existence qui s'anime comme une
termitière qu'on aurait chassée d'un ricochet de pierre.
Quand on est entraîné, il arrive que la paupière éclate comme un fruit mûr, comme une tomate à la peau trop serrée ou une pastèque tendue au comble, dans le froissement excessif et brutal de
l'arcade et des phalanges. L'image noire qui s'effondre est alors rouge et crasse de sang, et l'existence pend et suinte d'une plaie qui rajoute aux tiraillements microscopiques une dimension
vertigineuse.
J'ai pratiqué le coup de poing comme un chef, dans les castagnes de villages, gamin, dans les rixes universitaires, dans les ruelles les soirs de matchs, et bien sûr, dans les tranchées
idéologiques dans lesquelles nous combattions avec fermeté les ennemis de la liberté.
En prison, les matons aussi étaient entraînés à la perfection.
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