Les éditions Verdier publient ces jours-ci un
très très bon livre :
Eloge des voyages
insensés de
Vassili Golovanov.
Après cinquante pages, je suis totalement sous le charme de ce livre qui combine plusieurs registres (récit de voyage, quête existentielle, recueil de souvenirs, archives, fabulation...) et réussit
à semer le trouble quant à son statut même.
Golovanov écrit magnifiquement ; dans la lignée des romans d'aventures de mon enfance (
Verne,
Stevenson, dans ce sens
Tolkien...), je retrouve la même émotion de la découverte d'une géographie imaginaire. J'ai pu lire que certains qualifient
Golovanov de "géographe métaphysique". Il y a clairement de cela. L'auteur, obsédé par une île - l'Île - qui, de fantasme, devient sa raison de vivre (le concept se concrétise dans
l'île de Kolgouev, dans le Grand Nord, qu'il visitera à plusieurs reprises) conte à son lecteur cette aventure d'une vie menée en explorant dans un voyage physique et intérieur les thèmes de la
fuite, du retour, de l'ailleurs (disparu avec la chute du Mur et du communisme), des origines. Je reviendrai sur ce très bon texte, qui me fait penser d'une certaine manière (des ponts pourraient
être jetés quant au fond ou à la méthode, mais bien différent dans le style) au livre de
William Vollmann Les Fusils paru il y a deux ans au Cherche Midi, dans la
collection de littérature américaine
Lot49, codirigée par
Claro et Hofmarcher...
Les éditions Verdier promettent aussi pour le 2 mai deux ouvrages que j'attends avec impatience, édités dans la collection Chaoïd co-dirigée par
Lionel Ruffel, auteur de
Volodine post exotique : deux livres de
Lutz Bassmann.
Nous connaissons
Lutz Bassmann, entre autres, comme l'un des sept co-signataires avec
Antoine Volodine du livre paru en 1998 aux éditions Gallimard :
Le
Post-exotisme en dix leçons, leçon onze.
Ces deux livres s'intitulent
Haikus de prison et
Avec les moines-soldats. Si "
Lutz Bassmann appartient à un monde de fiction" (p4 du catalogue Verdier 2008), il
est ici pleinement assumé son identité post-exotique, comme auparavant il a été avec
Elli Kronauer ou
Manuela Draeger dans certaines publications de l'Ecole des
loisirs, sans la mesure d'un porte-parole. L'excitation que je ressens provient cependant du fait que ces pages 4 et 5 du catalogue, par l'annonce, les résumés et les notes afférentes à ces
publications, entrent dans l'univers post-exotique. Ou plutôt, comme il y est écrit : "la communauté des écrivains post-exotiques [...] ne s'est pas élargie. Mais son indifférence au monde
extérieur est à présent plus grande, assez forte, en tout cas, pour que même la figure d'un porte-parole lui semble superflue."
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